Escalade à Orpierre #2 – Récit de stage des jeunes du SIPA

Nouvelle année, nouveau stage à Orpierre avec une journée de plus par rapport à l’année dernière. L’objectif du stage, amener les jeunes adhérents du club et extérieur du club à découvrir l’escalade sur parois naturelles en explorant ses diverses facettes. Comme l’année dernière, ce sont eux qui raconteront leur récit, ponctué par mes descriptions. Au programme, via ferrata et escalade sur différents sites. Mais suite à quelques incompréhensions lors de la budgétisation du SIPA, nous avons dû faire une coupe budgétaire et remplacer la journée via ferrata par une sortie grande voie

Après la pluie le soleil, le beau temps !


Récupération du véhicule de location pour le stage car, contrairement à l’année dernière, nous n’avons pas eu à disposition ceux du SIPA. Puis récupération des stagiaires au Collège René Long. Après avoir chargé les différents véhicules, le minibus et trois véhicules personnels, sous une belle pluie battante, nous nous sommes dépêchés de partir, direction le beau temps.

Heureusement, celui-ci était au rendez-vous lorsque nous sommes arrivés au gite ! Affaires déposées, pique-nique dévoré, nous sommes partis en direction des falaises. Depuis le parking nous pouvons apercevoir l’ensemble des sites d’escalade, et ceux-ci étaient déjà pris d’assaut par bon nombre de personnes.

Nous sommes donc allés au site de la cascade, un secteur d’escalade avec un profil de type dalle, des voies variant entre 12 et 15m. L’après-midi avançant et la fatigue se faisant sentir chez certains de nos grimpeurs, nous décidons de scinder le groupe en deux, un groupe reste avec moi pour grimper jusqu’à l’heure du repas tandis
que l’autre rentre au gite.

Départ 9h sous une pluie battante, avec 3 véhicules, l’équipe des Randonneurs du Chéran part pour 3h de route. Petite pause de 15 min pour se dégourdir les jambes. Arrivée au Gite, dépose de bagages, répartition des chambres, repas avant de partir direction Orpierre sur le site de la cascade.

Après avoir vu notre moniteur installer six cordes en même temps, nous avons pu grimper. Il y avait un peu de vent, il faisait donc froid quand on ne grimpait pas. Nous avons grimpé environ 4H, nous pouvions soit monter en tête, soit en moulinette, du 4 au 6a+. L’escalade en extérieur est très différente de la salle car il faut trouver nous-même notre chemin pour accéder au sommet, les prises ne sont pas marquées avec des couleurs. A certains endroits, la falaise nous semblait lisse. Nous avions de jolis panoramas.

La paroi était polie à cause du passage des nombreux grimpeurs, de cordes, des chaussons. Théo nous a appris que de la colle chimique (sikka) avait été mise pour rajouter du grain aux prises.

Sur certaines voies, la paroi a été creusée pour rajouter des prises. Avant de partir, nous sommes allés voir la cascade qui donne le nom au site. Son débit n’était pas très fort, un fin filet d’eau au pied des voies à cause du manque d’eau dans la région. Les bords de la cascade étaient polis en raison de l’érosion. En fin de journée, les grimpeurs ont été divisés en deux, ceux qui voulaient grimper, et les flemmards, ceux qui étaient trop fatigués pour continuer. Une fois arrivés au Gite, douche puis bon repas composé d’une petite salade de concombre, vinaigrette, mozzarella, gratin de coquillettes et légumes, et un riz au lait.

A la découverte d’une ascension

Pour la deuxième journée, nous avons divisé le groupe en deux. Quatre jeunes sont partis avec Léon et moi afin de découvrir l’escalade en grande voie, les autres sont allés sur un nouveau secteur d’escalade.

Le but d’une grande voie d’escalade est de gravir une paroi de plusieurs centaines de mètres. L’ascension s’effectue par étapes. La partie de la voie escaladée entre deux étapes est appelée longueur. Nous sommes donc partis faire une grande voie de 150m composée de 6 longueurs en mélangeant des longueurs de grande voie différente d’une difficulté maximum de 6A. Durant l’ascension, les stagiaires ont pu voir comment réaliser l’assurage sur la paroi et la manière d’évoluer par intervalle.

Pendant ce temps, l’autre partie du groupe, encadrée par Pierre, a grimpé alternant moulinette et grimpe en tête, puis s’est initiée à la pratique du rappel en apprenant à poser soi-même le matériel, et réaliser la descente sans assistance.

Aujourd’hui, départ à 9h30, arrivée à la falaise à 10h30. Nouveau moniteur qui monte les cordes sous les yeux ébahis des stagiaires !

On a changé de site d’escalade, temps beaucoup plus gris, il fait plus froid, un site beaucoup plus facile. Après quelques voies faciles, pause repas. On a appris à grimper en tête et fait une initiation rappel. Essai de course lors d’une montée en tête, égal erreur de sécurité !! Les voies de rappel étaient super faciles. Attention au vissage des mousquetons. Petite session de shooting photos à la fin des voies. Changement de voie. Une agression au rouleau de PQ. Un parking parsemé d’arbres, difficile de les faire déplacer. Descente de voiture sans frein, petite frayeur, petite alarme. Google traduction à la rescousse -- > patinage de la roue.

Séparation du groupe, arrivée au pied de la grande voie, préparation du matériel avant le départ, démêlage des cordes, organisation des cordées, explication du déroulement de la grande voie.

Théo et Léon sont partis en tête et ont préparé le relais. Dans cette grande voie il y avait plein de styles d’escalade différents, autant dans les profils que dans les prises. Lorsque les seconds partaient, on devait garder une distance de sécurité entre nous et adapter notre rythme. On a rencontré des français qui parlaient espagnol, et des anglais qui parlaient italien. A un moment, nous sommes arrivés sur une arête, suivie d’une traversée impressionnante au dessus du vide, pour finir dans une fissure. Une des personnes a « marbré son slip » à cause du vide sous lui. La pause repas s’est faite sur une dalle en plein milieu de la paroi, face à une vue magnifique. La température était idéale. La dernière longueur était une belle dalle avec du grain, non patinée par le passage des grimpeurs. On a attendu tout le monde avant de sortir de la grande voie par une via ferrata, encordés en mode alpinisme. Puis redescente pour rejoindre l’autre groupe par une randonnée.

Etre à la hauteur de son endurance


Pour ce troisième jour nous avons divisé de nouveau le groupe en deux. J’ai laissé deux stagiaires avec Pierre afin qu’il les initie à l’escalade en grande voie tandis qu’avec l’autre partie du groupe nous sommes partis sur un nouveau secteur d’escalade. Celui-ci avait la particularité d’être composé de voies de 40m divisées, pour certaines, en deux niveaux de difficulté. Ainsi on pouvait lire sur le topo (livre qui fait office de carte pour nous informer des différents itinéraires et niveau de difficulté) un premier niveau de difficulté sur la première partie de voie et un deuxième sur la fin.

Ce site a permis à certains de gravir des voies faisant 4 à 5 fois la hauteur du mur de la salle où ils grimpent habituellement. La difficulté, à ces hauteurs, est de bien gérer son effort sur la durée et d’accepter la hauteur, qui est plus importante et donc plus impressionnante.

Réveil plus tôt, 8h30. Après un copieux petit déjeuner, nous sommes allés nous préparer, prise du pique-nique (petite macédoine). 9h30, départ vers un nouveau site d’escalade.

Les filles ont refusé l’aide lors du portage des cordes, mais au bout du compte les garçons ont du les aider. Nous avons installé les voies, quelques stagiaires ont aidé également à installer le matériel. Après deux bonnes heures d’escalade, pause repas. Il y avait des voies beaucoup plus hautes qu’avant, 40 m. Avec l’élasticité il fallait assurer au plus près pour éviter la redescente.

La météo était bonne, soleil avec un tout petit peu de vent. Les voies situées à gauche étaient des voies autour du 5b/c. Et les voies tout à droite étaient dans le 6a/b. La pluie et la grêle nous ont chassé de la falaise vers 16h. Mais certaines personnes motivées sont restées grimper jusqu'à 19h, arrivant juste avant le repas.

Début marche d’approche pour ceux en grande voie, plusieurs nationalités sans réussir à deviner ce qu’ils veulent dire. Au pied de la voie on a assuré Pierre. Une fois qu’il était en haut, nous l’avons rejoint en mettant plus de temps que lui. Nous nous sommes attachées avec une longe au relais, et lorsque nous avons attaché le sac, nous avons découvert que la compote avait explosé dans le sac.

Après un jet furtif de celle-ci dans la nature, nous avons grimpé l’une derrière l’autre, ce qui fait que nous avons pu nous entraider. Il y avait beaucoup de vent et donc il faisait froid. Arrivés au sommet nous avons enfin mangé, malgré notre insistance pour manger dans la voie. Après le repas nous sommes descendus par le sentier avec une petite excursion en dehors pour aller récupérer la Compote, interdiction de jeter des déchets, menteur. Mais nous avons quand même regrimpé avec les autres.

Une question de confiance


Dernier jour pour le groupe à Orpierre. Afin d’en profiter, le réveil a été programmé un peu plus tôt. Un dernier secteur à explorer dans le même thème que le premier jour, des voies plutôt courtes mais avec un profil dalle comprenant des prises beaucoup plus petites et nécessitant une bonne confiance dans la pose de pieds pour réaliser des adhérences.
Pour certains, qui ne s’étaient pas encore essayés à l’escalade en tête, se fût l’occasion de la
pratiquer. Pierre F. a emmené une dernière stagiaire en initiation grande voie lors de la matinée puis nous a rejoint au gite.

On s'est réveillé à 7h30 pour avoir le temps de ranger le gîte et partir plus vite à l'escalade. On a pris le petit déjeuner puis nous sommes partis pour grimper dans le secteur des "4 heures". Mise en place des voies par Théo, Léon, Laure et Mathis. Tout le monde a grimpé en tête. Initiation à la manip au relais en tête en extérieur pour ceux et celles qui ne la connaissaient pas. On a grimpé jusqu'à midi sous un très beau soleil, avec peu de vent. Après avoir rangé toutes les cordes, certains sont allés à Orpierre pour acheter des souvenirs, les autres sont retournés au gîte pour charger les bagages dans les voitures. Théo et Léon ont fait le tri du matériel. Nous avons déjeuné dès que le deuxième groupe est arrivé au gîte. Avant de partir, Théo a fait une dernière belle photo de groupe. Puis nous sommes partis à 14h pour un peu moins de 3h de route.
Le mot du Président :
Une très belle réussite pour cette 2 ème session au niveau de l’implication de tous les adultes, moniteurs et bénévoles. Ce « travail » en harmonie a été possible tout au long de ce court séjour grâce à un groupe d’enfants très unis et bien participatifs et respectueux. Il y a eu une élévation du niveau technique, montée en tête, descente en rappel et pour certains une initiation à la grande voie, et hauteur durant le stage. Tout cela ne peut que donner envie de persévérer dans les années à venir.