Brieffing
2ème compétition de marche et vol sur 3 jour, l'on se retrouve le jeudi soir pour le briefing et finaliser les inscriptions.
Cette année, la compétition adopte un nouveau format : une manche de compétition sur 3 jours en étoile avec bivouacs obligatoires à certains endroits. Sans assistance, les ravitaillements (eau, nourriture) seront assurés sur des points précis de la course. Chaque jour à partir de 17h, il faudra déterminer son bivouac et y arriver dans une fourchette allant de 18h à 21h. Ce choix sera stratégique car le lendemain, un repos obligatoire de 12h dictera précisément l'heure de reprise de la course.
Le parcours prévu s'élance d'Allevard, direction une première balise au col d'Allevard, avant de descendre dans le sud de Belledonne. S'ensuit une remontée sur Allevard, une transition vers la Chartreuse, puis un retour avec posé obligatoire à Allevard. Le tracé remonte ensuite légèrement en Belledonne pour traverser et poser obligatoirement à Montlambert, franchir les Bauges, revenir au niveau de Valpelouse, remonter vers le Grand Arc Pour finir à Allevard. Les conditions météo annoncées lors du briefing prévoient toutefois de la pluie potentielle dès 15h, ce qui laisse penser à une importante part de marche en fonction du lieu où nous serons
Journée à dénivelé positif
L'objectif du jour était de me retrouver en fin de journée à Montambert au bivouac afin d'être bien placé le lendemain pour la belle journée qu'ils annonçaient.
Pour le début de course, l'on attaque avec 12 kilomètres à pied et 1 500 mètres de dénivelé positif, de quoi bien se mettre en jambes pour décoller aux Plagnes le plus haut possible. On voit ceux qui sont entraînés : ils courent vite sur le plat et avalent la montée rapidement. Je me retrouve donc dans le peloton du milieu durant toute la montée, mais le temps que j'arrive au sommet, les conditions sont faibles en thermiques, tout le monde s'élève lentement, ce qui me permet d'être en l'air avec ceux qui étaient plus rapides.
Les conditions sont faibles, mais ça monte régulièrement le long du relief et je fais ma première grosse erreur... Je me fais aspirer par le groupe qui a l'air de bien avancer, et finalement on est plusieurs à commencer à s'enfoncer puis faire marche arrière pour retrouver des ascendances. Après un sauvetage suite au point bas, je rattrape doucement le groupe de tête car, malgré de très bons plafonds entre 3 000 et 3 300 m, à cette heure-là, la puissance des thermiques est faible.
Au retour de la balise du Haut-Bréda, tout le groupe fait un point bas sur un des reliefs de Belledonne. Et tandis qu'on est quelques-uns à trouver une petite ascendance qui se transforme en bonne ascendance au fur et à mesure de la montée, le reste du groupe, lui, est bloqué dans le massif.
J'arrive à faire un 3 000 m d'altitude qui me permet d'aller chercher la balise d'Allevard et d'attaquer la transition vers Saint-Hilaire. Arrivé à Saint-Hilaire, j'arrive sous le relief. J'arrive à me maintenir, mais pas à m'extraire. Donc je chemine doucement en direction du décollage de Saint-Hilaire car j'ai l'info visuelle que des pilotes arrivent à sortir très rapidement à cet endroit-là. Et c'est effectivement le cas. On est deux pilotes à prendre du 5,5 m/s, ce qui nous fait passer de 900 à 1 600 m d'altitude et nous permet de basculer derrière sur le haut relief pour recheminer en direction d'Allevard.
Je suis gourmand. Je pars à peine à 2 000 m du relief en direction d'Allevard en espérant raccrocher sur Brame-Farine. Mais malheureusement, plus j'avance vers Allevard, plus je me fais contrer et descendre. Et je trouve miraculeusement une confluence à l'entrée d'Allevard qui me permet de reprendre 300 m, lesquels sont nécessaires pour me permettre d'atterrir sans marge de hauteur.
Étant donné que le poser était obligatoire à Allevard, cela n'est pas un problème. Je me recharge en eau et en nourriture et c'est reparti pour faire 8 km de marche et 980 m de D+. Durant la montée, j'arrive à rattraper quelques pilotes, ce qui nous permet au décollage d'être plusieurs à chercher des thermiques qui sont vraiment faibles à cet endroit-là. On met du temps à s'extraire. Et on avance péniblement en direction de la balise de Val Pelouse.
Une fois la balise faite, pour moi, il ne reste plus que le dernier glide en direction de Montlambert pour finir la journée à 18 h 43. J'ai les jambes fatiguées, mais je suis content. L'objectif est atteint. Il ne reste plus qu'à monter la tente, s'hydrater, manger et espérer bien dormir pour repartir le lendemain matin.
Patience est mère de sureté
Durant le jour 2, le départ se fait à 6 h 43 pour moi après une petite nuit de sommeil. Les conditions annoncent des débuts de thermiques à partir de 10 h au mont Morbier, ce qui me donne quasiment 2 h 20 de marche pour 10 km et 1 250 m de D+ afin d'être à l'heure au niveau du décollage. La fatigue de la veille se fait sentir : j'ai les mollets un peu durs. Pendant la montée, je regarde le live tracking et je vois que le groupe qui est parti plus tôt et qui est devant moi décolle du Morbier pour faire un glide en direction du pied du mont Colombier, puis attaque la montée du Colombier qui est à 2 000 m d'altitude avec un cumulus sur la tête, ce qui leur donnerait un avantage de temps pour décoller.
J'arrive au décollage aux alentours de 9 h 10. Un pilote devant moi fait une tentative de décollage, commence à zérotter, mais finalement repose dans la pente. Cela montre que les conditions commencent doucement à se mettre en place. J'ai donc décidé d'être patient et de jouer la sécurité physique en attendant les conditions ici.
Durant les 40 minutes où je suis au sommet du mont Morbier, plusieurs pilotes me rejoignent. On regarde les conditions. Le nuage au niveau du Colombier s'agrandit, un nuage au niveau du Charvet commence à se former. Quelques oiseaux devant nous prennent leur envol et commencent à monter. Et à 10 h, je prends la décision d'être le premier à décoller. Cela me permet en 3 minutes d'être à 2 080 m d'altitude et de pouvoir attaquer la transition en direction du Colombier au moment où les pilotes qui y sont commencent à décoller. Cela me permet de rattraper le groupe qui est en avance et de pouvoir aller chercher les deux balises dans les Bauges en ayant devant moi des pilotes qui cherchent les thermiques.
Les conditions dans les Bauges nous donnent des petits thermiques avec des plafonds entre 2000 et 2400 m d'altitude, ce qui ralentit notre vitesse de progression mais nous permet de voler en groupe et de pouvoir chercher plus facilement les exploitations de thermique. Cela permet aux pilotes qui décollent plus tard de rattraper le groupe et cela redistribue un peu les cartes. Après un gros point bas au niveau du Colombier, j'arrive à m'extraire et partir en direction du Charvet pour valider la dernière balise des Bauges.
Les trois pilotes de tête, dont Lucas Bonin, Charles de Beaufort et Rémi Bourdel, ont déjà fait la transition en direction de Valpelouse et ont posé à l'atterrissage, tandis que le deuxième groupe de tête, dont je fais partie, attaque la transition en direction de Belledonne. Au niveau de la transition, je décide de jouer la tentative de raccroche sur les faces ouest, tandis que la majorité des pilotes joue l'accélérateur pour poser au plus vite et attaquer la montée en direction de Valpelouse. Au moment où j'arrive sur les reliefs, j'ai une bonne ligne de transition qui me fait perdre seulement 1000 m d'altitude
Deux pilotes commencent à zéroter au niveau du relief, ce qui est bon signe pour moi. J'arrive à leur niveau, l'un prend un petit thermique, ensuite il disparaît. Les deux pilotes partent chercher autre chose et moi, en continuant à chercher dans la zone, j'arrive à trouver un thermique qui me redonne 200 m d'altitude et qui me permet d'agrandir ma zone de recherche. Deux autres pilotes me rejoignent et à trois, on arrive à s'extraire jusqu'à 2200 m d'altitude. Pendant ce temps, Charles et Lucas sont encore dans la montée, ce qui nous permet de prendre les premières places du classement à ce moment-là.
On joue la patience et on décide d'attendre que Charles et Lucas décollent pour nous montrer les thermiques avant d'aller valider la balise de Valpelouse. Et ensuite, on se place derrière eux afin qu'ils nous servent de lièvre pour aller valider les deux balises qui sont au niveau du Grand Arc. Durant le cheminement le long du relief de Belledonne, avec Charles et Lucas, on se fait enterrer derrière Chamoux. On prend l'option de passer derrière le relief soulevant du thermique. C'est assez turbulent, mais on arrive à trouver un thermique qui nous fait passer de 1400 m d'altitude à 2400 m d'altitude, ce qui nous permet de faire la transition plus sereinement en direction du Grand Arc et de les raccrocher. À partir du Grand Arc, on fait le plein tranquillement. On n'est que tous les trois. On a de l'avance vis-à-vis des autres pilotes derrière nous. Lucas et Charles poussent l'accélérateur à fond pour valider les deux autres balises, quitte à être plus bas en altitude, tandis que j'ai fait l'option de rester en hauteur et de pousser moins fort le barreau. Ça me permet, après la validation des deux balises, de me placer derrière Lucas en deuxième position, tandis que Charles est un peu plus bas en altitude. Au Grand Arc, avant d'attaquer la transition, Lucas prend de l'avance, Charles me rattrape en termes d'altitude et on attaque la transition tous les deux derrière Lucas.
Cette fois-ci, la transition se passe moins bien. On commence à être contré avec du sud. Et on est obligé de refaire un plein derrière Chamoux pour remonter à peu près entre 2200 et 2400 m en fonction du pilote et d'avancer à nouveau en direction de Valpelouse pour valider la dernière balise avant Allevard. On se fait enterrer dans la vallée des Huiles. On chemine juste au-dessus des arbres. Et là, on voit surgir Valentin qui était quatrième, 200 m au-dessus de nous, qui arrive comme une fusée tandis que nous, on se fait enterrer. Lucas et Valentin, qui sont un peu plus haut que Charles et moi, trouvent un thermique et sortent de là tandis qu'avec Charles, on fait du cheminement collé aux arbres en espérant trouver quelque chose et ne pas devoir finir la course en courant.
Charles, qui est légèrement devant moi, trouve quelque chose qui commence à le faire monter. J'arrive juste en dessous de lui et je monte également. Sauf qu'il prend 80 m de plus que moi et du coup arrive à franchir les cols qui sont juste devant et assure sa troisième place, tandis que je mets un peu plus de temps à m'extraire. Mais je sécurise quand même ma quatrième place. Je suis content de ma deuxième journée car j'ai réussi à optimiser mes transitions et mes cheminements, ce qui m'a permis de ne faire qu'une seule montée à pied pour la journée, tandis qu'une bonne partie des pilotes ont dû faire deux à trois montées. Le podium sera pour une prochaine fois.
